Décryptage 08 • Linge de maison éco-responsable

Décryptage 08 • Linge de maison éco-responsable

L’industrie textile est plus développée que jamais, notamment à travers l’industrie vestimentaire, mais également en ce qui concerne le linge de maison. La demande croissante entraîne des productions de plus en plus massives, à bas prix, entraînant des productions polluantes.

 

UNE INDUSTRIE TEXTILE ACTUELLE POLLUANTE

Coton

Le coton est de loin le textile le plus utilisé dans le monde pour sa technicité et pour son coût relativement faible. Le coton a pour qualité d’être absorbant, hypoallergénique et respirant, c’est pourquoi on le retrouve majoritairement dans le linge de chambre comme le linge de table ou de bains.

Or sa production a un réel impact environnemental :

  • Un impact carbone conséquent : il transit par au moins quatre pays du monde avant que le produit fini n’arrive dans nos boutiques,
  • Une production excessivement aquavore : 1000L d’eau pour 100g de coton
  • Une production souvent associée à une utilisation massive de pesticides et un business green washing est développé autour de ce tissu bon marché.

Il existe cependant des cotons labellisés qui n’utilisent pas d’engrais, nous en parlerons plus bas.

Pour aller plus loin : Décryptage 02 • Une décoration en coton éco-responsable

Tissus synthétiques (polyester, viscose, velours, acrylique, élasthanne, Lycra)

Les textiles synthétiques ont de multiples effets nocifs pour la planète comme pour l’humain.

  • Une fabrication polluante : elle utilise des produits pétroliers (il faut par exemple 1,5 kg de pétrole pour fabriquer 1 kg de polyester), et bien d’autres composants toxiques (on a notamment retrouver des colorants azoïques, formaldéhyde, phtalates, perturbateurs endocriniens en tout genre, …).
  • Un impact carbone important : les produits sont souvent produits dans des pays où la main d’oeuvre est bon marchée, et parcourent ensuite des milliers de kilomètres pour arriver dans nos maisons.
  • Un rôle majeur dans la pollution des océans : tous ces textiles synthétiques sont composés de microfibres synthétiques (inférieures à 1 mm) qui sont excessivement polluants au lavage (même ceux en synthétique recyclé). D’après une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Santa Barbara, une veste polaire en tissu synthétique libère 1,7 grammes de microfibres à chaque lavage. Toutes ces microfibres (principalement des fibres de polyester, de d’acrylique et de polyamide) passent par les stations d’épuration, mais 40% de celles-ci les traversent et rejoignent directement nos cours d’eau jusqu’aux océans. Ces microfibres sont ingérées par les animaux marins, et puis à terme, par nous lorsque nous les mangeons.

Les textiles synthétiques sont donc à bannir définitivement de notre linge de maison.

Soie

La soie est légère et produite par des vers à soie, ce qui explique son prix élevé.

Cependant, sa production actuelle est éloignée de ses lettres de noblesses passées :

  • Un impact carbone important : il n’existe plus de production française, 90% de la production actuelle est chinoise.
  • Une production nocive : les vers sont souvent traités aux antibiotiques puis tués pour la récolte de la soie, la soie en elle-même est également traitée avec différents produits chimiques.
  • Travail forcé des enfants : s’agissant d’un travail manuel, les enfants deviennent souvent travailleurs forcés, notamment dans des pays comme l’Ouzbékistan où le travail forcé dans les champs de coton est déjà bien connu.

 

DES PROCESSUS DE TEINTURE NOCIFS

Polluants

Afin d’être bon marché, les procédés de teinture sont particulièrement chimiques, or même le linge de maison haut de gamme est souvent teint de cette manière.

On retrouve notamment dans ces teintures des phtalates, des perturbateurs endocriniens en tout genre, du formaldéhyde, … Autrement dit, là encore, tout un tas de composants à la fois polluants lors de la fabrication, entraînant un effet néfaste sur la faune (disparition d’espèces, mutations génétiques), la flore et la santé de l’homme qui teint.

L'impact sanitaire se poursuit une fois chez nous car nous inhalons les composants volatiles (COV) de notre housse de couette, taies d’oreillers, draps, tapis, canapé, serviettes de table, nappe... pendant des mois. Ils contribuent fortement à la pollution intérieure de nos maisons et ont un impact sur notre santé.

Aquavores

Il faut entre 100 et 150 L d’eau par litre de tissu teint.
 

CHOISIR SON LINGE DE MAISON ÉCO-RESPONSABLE

Les deux points de vigilance concernent le tissu choisi, en fonction de son mode de production, et la teinture.

TISSU

Chanvre

Le chanvre est de plus en plus utilisé pour la confection de linge de lit (draps, housses de couette, taies d’oreiller) et de linge de table (nappes, sets de table, serviettes de table).

Le chanvre est encore un textile peu utilisé, et pourtant.

  • Qualités techniques : il est anallergique, antibactérien et respirant. Le chanvre est également un textile particulièrement résistant, ce qui en fait une matière durable.
  • Une production et une plante écologique : sa production demande peu d’eau, aucun engrais ni pesticides et la plante en elle-même dépollue les sols.
  • Une ressource locale : la France en est le premier pays européen producteur.

Lin

Le lin est en phase de devenir le nouveau textile phare pour la confection de linge de lit (draps, housses de couette, taies d’oreiller) et de linge de table (nappes, sets de table, serviettes de table). On dit que le lin ne se repasse pas et que c’est son imperfection qui lui donne tout son charme.

  • Qualités techniques : le lin est un textile analllergique et respirant. Le tissu de lin est particulièrement résistant, ne risque pas les mites, et est biodégradable.
  • Une production écologique : c’est une plante facile à produire qui demande peu d’intrants, qui se contente de l’eau de pluie, et dont l’extraction est mécanique. La production de lin en elle-même est donc respectueuse de l’environnement.
  • Une ressource locale : la France est le premier producteur mondial de lin.

Cependant, attention au lin produit en dehors de l’Europe. Certains pays utilisent des engrais malgré tout, ainsi que du chlore pour préparer le tissu à être teint.

Laine

La laine est aujourd’hui une matière noble car remplacée par des textiles synthétiques moins onéreux. La laine en fil tricotée est utilisée pour la confection de plaids bien chauds pour l’hiver.

Le tissu fabriqué à partir de la laine s’appelle le feutre. Des fibres de laine sont fixées entre elles à l’aide d’un bain savonneux. Le feutre est de plus en plus utilisé aujourd’hui pour la confection d’objets de décoration (paniers, petits rangement…) ou sets de tables, rideaux, abats-jours.

  • Qualités techniques : isolation thermique et régulation de l’humidité.
  • Une production écologique : la laine est issue de la tonte des moutons, indispensable à leur survie, et porte un nom différent en fonction de l’animal dont elle provient : le mérinos (le plus courante et le moins cher), angora (issue d’un lapin), mohair (issu d’une chèvre), Alpaga (issu de l’animal portant le même nom en Amérique du Sud), le cachemire (provenant d’une chèvre provenant de la région du même nom).
  • Une ressource locale : la France possède des producteurs de mérinos.

Il existe des labels bios qui sont naturellement à privilégier.

Coton recyclé ou labellisé

Le coton recyclé et le coton bio viennent tout doucement prendre la place du coton standard.

La production du coton reste polluante et aquavore, même bio ou recyclé, c’est pour cette raison que le coton n’est pas à privilégier.

  • Un coton labellisé bio (GOTS : Global Organic Tetxile Standard) ou un coton équitable labellisé Max Havelaar est un minimum. Le coton est la cible d’un grand nombre de green washing, en l’absence du label GOTS ou Max Havelaar, il est préférable de s’abstenir.
  • Il est conseillé de choisir un tissu de qualité pour une meilleure durabilité dans le temps. La qualité d’un coton se mesure à l’épaisseur du fil utilisé et au nombre de noeuds au centimètre carré. Plus le nombre de fils est important, plus le tissu sera résistant et opaque. Pour un coton qui dure dans le temps, il est donc préférable de choisir un nombre élevé de fils au centimètre carré. On considère également que le coton d’Égypte est le plus beau et le plus résistant.

Pour aller plus loin : Décryptage 02 • Une décoration en coton éco-responsable

Soie

Il existe quelques soies bio ou issues d’un marché équitable qui sont naturellement à privilégier.

Tissu recyclé

Réutiliser, recycler, reste de mise en terme de textile. Il est possible d'acquérir du linge de maison de bonne qualité sur des sites de revente (rideaux entre autres, draps sur des sites spécialisés). Il est également envisageable d'acquérir de vieux draps sur les brocantes, les recycleries, les Emmaüs et de les transformer et teindre vous-même, ou part un artisan. Les tissus anciens sont généralement de bonne qualité et peuvent vous permettre de personnaliser votre intérieur à des tarifs parfois identiques à ceux du commerce (couture et teinture comprises).

 

LABELS

À défaut d'avoir des informations sur le lieu et le mode de production du tissu, il est préférable de le choisir labellisé .

GOTS

Le label GOTS (Global Organic Textile Standard) est le principal ecolabel bio international. Il garantit un tissu cultivé selon la réglementation de l’agriculture biologique et qu’aucune substance toxique n’est utilisée dans la fabrication ou l’impression du textile. Le label garantit également que des conditions de travail décentes sont assurées aux producteurs.

Oeko-tex

Le label Oeko-Tex assure un textile non dangereux pour la santé du consommateur. Il existe deux niveaux de labellisation :

  • Le premier niveau (STANDARD 100) : assure qu’aucune substance nocive ou allergène n’est présente dans le tissu.
  • Le second niveau (MADE IN GREEN) : assure en plus un management de la production qui protège un maximum l’environnement (même si ce n’est pas Bio) avec une traçabilité optimum. Ce dernier garantit également que les producteurs bénéficient de conditions de travail décentes et qu’aucun enfant ne travaille.

Max Havelaar

Le label Max Havelaar garantit un revenu et des conditions de travail décents pour les producteurs. Il encourage davantage les organismes de solidarité autour du travail des femmes, des petits producteurs et des coopératives. Leur coton est également garantit sans OGM, mais pas sans pesticides.

 

TEINTURE VÉGÉTALE

On (re)découvre la teinture végétale à travers des néo-teinturières qui nous prouvent qu’il est possible d’obtenir une multitude de couleurs grâce aux plantes. Toutes les couleurs sont dans la nature et la teinturière compose afin de produire des tissus aux couleurs modernes et élégantes dans le plus grand respect de la planète. L’idéal étant de privilégier des teintures réalisées avec des plantes locales. La nature nous offre tout le nécessaire pour transposer sa beauté dans nos intérieurs.

 

Sources : Junior Water Prize - Atlantico - Echosverts - Europeanflax - Dressing Responsable - Photo

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